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Coming out

IST : quels sont les premiers signes qui doivent nous alerter ?

19 Avril 2017 , Rédigé par coming out Publié dans #Santé LGBT

Les IST ou infections sexuellement transmissibles sont des maladies qui se transmettent très facilement lors de rapports sexuels avec des partenaires multiples. Comment les reconnaître ?

Contrairement au VIH qui ne se transmet que par le sang, le sperme ou le lait maternel, la plupart des autres IST passent par des relations sexuelles protégées ou non ou la salive, le baiser profond, le toucher, l’échange de sous-vêtements, etc. Brûlure pendant que l’on fait pipi, boutons anormaux ou démangeaisons lors des rapports, on passe parfois à côté malgré la douleur. Des fois, il n’y a même pas de symptômes (on parle d’IST asymptomatique). Une seule solution : le dépistage régulier évite de les transmettre, qu’elles s’aggravent ou de créer des portes d’entrée pour le VIH….

 

Les gays, plus que les autres

La progression des IST est très nette chez les gays et bisexuels : hausse de 100% des infections par le gonocoque, de 56% des syphilis précoces et de 47% des infections bactériennes rectales dites « LGV » (dues à une Chlamydia) entre 2013 et 2015. Plus de 80% des syphilis et près de 70% des gonococcies diagnostiquées en 2015 dans les structures spécialisées ainsi que la quasi-totalité des LGV rectales touchaient les HSH, indique encore l’agence.

En France, les contaminations au VIH sont pour 43% le lot d’hommes homosexuels, et ce chiffre augmente particulièrement chez les jeunes gays de moins de 25 ans : le plus grand nombre de partenaires chez certains homos, ajoutée à la plus grand proportion de gays ayant contracté le VIH et d’autres IST peuvent expliquer une partie de l’épidémiologie d’IST chez les gays. Certaines pratiques associées comme les lavements trop nombreux et trop appuyés, le fist-fucking ou les échanges de seringues, ou la consommation de certaines drogues sont également facteur d’aggravation des IST.

 

Comment les repérer ?

Si vous êtes gay et que vous avez des partenaires multiples, il convient de vous faire régulièrement dépister par des examens sérologiques (syphilis, gonococcie, etc), de vérifier que vos vaccins contre les hépatites A et B sont à jour et de faire une visite annuelle chez un proctologue afin de dépister d’éventuels condylomes qui pourraient faire le lit d’un futur cancer.

Il est assez facile d’ignorer une IST car parfois elles ne présentent aucun symptôme. Mais nous sommes aussi parfois un peu trop optimistes (voire négligents) lorsqu’on a le pénis qui brûle, pas le temps ou pas envie d’aller voir le médecin. Pourtant, elles peuvent s’aggraver et même augmenter les risques de VIH en créant des « portes d’entrée ». On ne badine donc pas avec les IST !

Certaines IST sont difficilement repérables comme le VIH ou l’hépatite, dont les premiers symptômes surviennent longtemps après la contamination. Mais d’autres MST sont plus facilement identifiables grâce à des signes précoces qui doivent immédiatement vous alerter :

  • C’est le cas notamment de la syphilis qui provoque une sorte d’ulcération quelques semaines après le rapport contaminant.
  • Si vous repérez des écoulements anormaux à l’extrémité du gland, vous êtes peut-être infecté par une gonococcie ou un chlamydiae.
  • D’une manière générale, tous les symptômes d’ordre génitaux que vous pourrez observer comme étant anormaux doivent être pris au sérieux, comme des douleurs lors des rapports ou en urinant, des lésions, boutons, odeurs nauséabondes, pertes ou autres démangeaisons et rougeurs non-habituelles sur les parties génitales ou anales.
    Si vous remarquez de tels symptômes, consultez immédiatement un médecin qui pourra vous apporter une réponse rapide.

En cas de diagnostic pour une IST, il est important que les partenaires soient informés afin de pouvoir profiter d’un dépistage et/ou d’un traitement.

Mais pas de panique inutile, la plupart se traitent très bien avec des antibiotiques ou des vaccins, ou des traitements plus abrasifs pour le HPV par exemple. Les IST ne signigifient pas la fin de votre sexualité. Ou en tout cas, pas définitif. Car mieux vaut faire une petite pause car elles se transmettent très facilement, faire un dépistage et se soigner avant de reprendre une activité sexuelle…

Le principal problème est que les médecins laissent parfois également passer ces petits désagréments en pensant que ce sont des petites démangeaisons… Le fait de connaître votre homosexualité peut aider à vous orienter vers les dépistages et traitements adéquats (et prendre la tension n’a jamais dépisté un condylome).

Pour le VIH, la syphilis, gonorrhée et chlamydia, on conseille :

  • Si vous avez moins de 10 partenaires sexuels en 12 mois: 1 dépistage IST par an
  • Plus de 10 partenaires sexuels en 12 mois: 2 dépistages IST par an
  • Chez les hommes porteurs du VIH, le dépistage IST et le contrôle de l’évolution de la syphilis devraient s’effectuer tous les trois à six mois lors des examens de routine.

Pour les hépatites, on conseille :  

  • Vaccination contre l’hépatite A et B
  • Gays ou bi porteurs du VIH : un dépistage annuel des anticorps VHC

Consultez le site Info-IST pour trouver un centre de dépistage : http://www.info-ist.fr/index.html

 

Comment se protéger ?

Si vous avez finalement appris que vous étiez contaminé par une MST ou IST, il convient bien entendu de traiter la maladie le plus rapidement possible, mais également de prendre les mesures nécessaires pour protéger votre entourage et vos prochains partenaires.
Dans une telle situation, il est généralement conseillé d’éviter tout rapport tant que l’infection n’a pas été entièrement éradiquée. Si vous êtes atteint d’une maladie longue ou incurable, les rapports protégés sont alors obligatoires, mais il faut également penser à en parler à vos éventuels partenaires.
Certaines de ces infections ne présentant de premiers signes que quelques mois après la contamination, il est préférable de contacter tous les partenaires sexuels que vous avez eu au cours des trois derniers mois pour les inciter à se faire dépister et soigner.

Le préservatif empêche de contracter celles qui se transmettent par relation anale mais les fellations étant très peu protégées, il est assez probable que vous rencontriez des IST sur votre chemin de gay… Se protéger avec un préservatif et du lubrifiant, et/ou la PrEP est efficace uniquement contre le VIH. Mais là encore, cela ne concerne pas les autres IST.

 

Si vous désirez obtenir plus d’informations sur les infections sexuellement transmissibles et sur la sexualité, vous pouvez contacter gratuitement Sida Info Service (0 800 840 800) ou Fil Santé Jeunes (0800 235 236).

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