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Coming out

À Rouen, la lutte contre le VIH continue.

11 Août 2017 , Rédigé par coming out Publié dans #Santé LGBT

Aides tient des permanences les lundi, mardi, jeudi et vendredi de 13 à 18 h

 

 

Santé. Alors que Paris accueillait il y a quelques semaines la conférence sur le Sida, un Rouennais témoigne de son quotidien et sa lutte contre le virus.

Dimanche 23 juillet dernier, 6 000 professionnels de la santé venus des quatre coins du monde étaient réunis à Paris à l’occasion de la neuvième conférence de l’International Aids Society [sur le Sida], où Emmanuel Macron a brillé par son absence.

« Ce que j’en retiens, c’est le manque d’implication des politiques. Je trouve ça scandaleux que le président n’ait même pas fait acte de présence ! », s’insurge Thomas*, reconnu séropositif en octobre 2015 et tout jeune volontaire chez Aides Normandie (où 9 000 personnes ont été rencontrées et près de 600 dépistages effectués l’an passé). Selon Manuel Étienne, médecin spécialisé dans les maladies infectieuses au CHU et président du Corevih Haute-Normandie (comité de coordination régionale de la lutte contre l’infection due au VIH), « Il est serait vraiment regrettable de reculer maintenant alors qu’on a toutes les clés en main pour limiter le virus. » Au-delà du mécontentement généralisé, le bilan est plutôt positif, et fait écho à l’ambition revendiquée par Onusida : l’éradication de l’épidémie à l’horizon 2030. Trois jours plus tôt, un arrêté autorisant les soins funéraires aux personnes porteuses du VIH ou de l’hépatite paraissait au Journal Officiel. « Enfin, on ne va plus être jetés au trou comme des merdes ! », se réjouit Thomas.

« Ne pas banaliser la maladie »

Les choses ne cessent d’évoluer concernant cette maladie qui demeure toujours largement taboue. Mais à quoi ressemble le quotidien des 6 000 personnes (dont 56 Normands en 2016) dépistées chaque année en France ?

« Aujourd’hui, les gens ne savent pas encore ce que c’est que de vivre avec le VIH », regrette Thomas, qui déplore la profonde méconnaissance de la population sur le sujet. « Quand vous avez le VIH et qu’en plus vous êtes gay, vous êtes souvent considéré comme une Marie-couche-toi-là. Même au sein du milieu médical, il existe des discriminations abominables. Certains dentistes nous interdisent l’accès à leur cabinet, des ophtalmos refusent de nous mettre des gouttes dans les yeux... » Paradoxal lorsqu’on sait que les avancées de la médecine sont considérables, à tel point que le danger de transmission est désormais quasi réduit à néant - à condition qu’aucun des partenaires n’ait d’autre IST (Infections sexuellement transmissibles), d’être au courant de sa maladie, de bien suivre son traitement et que celui-ci soit efficace depuis plus de 6 mois. « J’ai connu des anciens qui devaient se gaver de médicaments tous les jours. Moi je n’en prends qu’un seul, je fais un bilan tous les quatre mois et j’ai des rendez-vous réguliers avec des psychologue, cardiologue, diététicienne et pneumologue, entre autres. Depuis vingt ans, les avancées sont spectaculaires ! Aujourd’hui notre vie, elle continue », explique celui qui débourse 900 €/mois (pris en charge à 100 %) pour son traitement. Fervent militant de la lutte contre le VIH, il tient cependant à préciser que « la prévention reste indispensable et que les jeunes doivent penser à se protéger, le Sida étant une maladie dont on ne guérit jamais. »

Même son de cloche chez le docteur Étienne qui, saluant les nombreux progrès effectués, rappelle tout de même que la séropositivité reste difficile à vivre. « Il n’est pas question de banaliser le virus. Bien vivre sa maladie est loin d’être le cas de tout le monde ! »

Et, devant la dangerosité de certains comportements, il semble impératif de faire une telle piqûre de rappel. Parmi les pratiques qui se développent, celle du Chemsex est certainement l’une des plus populaires. Mêlant prise de drogues et relations sexuelles, elle peut conduire à une moindre conscience du danger et, donc, à une augmentation des risques de contamination, en même temps qu’à la création d’une addiction aux substances utilisées.

*Le prénom a été modifié.

 

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