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Coming out

Selon une étude du ministère de l’Intérieur, les crimes et les délits « anti-LGBT » sont plus nombreux dans le Calvados que dans le reste de la Normandie

5 Octobre 2017 , Rédigé par coming out Publié dans #Lutte contre les discriminations

Selon une étude du ministère de l’Intérieur, les crimes et les délits « anti-LGBT » sont plus nombreux dans le Calvados que dans le reste de la Normandie

Selon l’étude du ministère de l’Intérieur, publiée le lundi 2 octobre 2017, plus de 1 000 victimes de crimes ou de délits « anti-LGBT » (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) ont été recensées par les forces de police et de gendarmerie en 2016, en France. Le département du Calvados dénombre entre 12 et 27 victimes en 2016, alors que les autres départements de Normandie, l’Eure, la Seine-Maritime, la Manche et l’Orne, en comptent chacun entre cinq et douze
Depuis la mise en place du plan de mobilisation contre la haine et les discriminations anti-LGBT le 21 décembre 2016, le ministère de l’Intérieur s’est engagé à publier les chiffres annuels des actes visant les personnes LGBT.
Cette enquête publiée en 2017, recensant les crimes et les délits « anti-LGBT », est donc la première diffusée depuis la création du plan de mobilisation. Il n’est donc pas possible de comparer ces chiffres avec les années précédentes.
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Quelles sont les infractions recensées ?
Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, les infractions anti-LGBT subies par les victimes sont des injures ou des outrages à hauteur de 32 %, et à 24 % des violences physiques. Viennent ensuite les menaces (18 %). Les discriminations constituent 2 % de cet ensemble, et les infractions à caractère sexuel 6 %.
Cependant, selon l’association des policiers et gendarmes LGBT, Flag !, qui communique chaque année sur les chiffres de l’homophobie recensés par la police et la gendarmerie, les actes homophobes sont exponentiels. Selon leurs enquêtes, qui ne prennent pas en compte exactement les mêmes références que celles du ministère de l’Intérieur, 994 faits ont été enregistrés par la police nationale en 2015 (618 en 2014) et 529 par les gendarmes en 2015 (551 en 2014).
De son côté, l’association SOS-Homophobie, compte le nombre de témoignages reçus, le plus souvent anonymement, sur sa plateforme téléphonique d’écoute. Des témoignages qui ne font pas toujours l’objet d’une plainte. Le nombre de témoignages recueillis par SOS-Homophobie augmente fortement en 2016. L’association en recense 40 sur l’année 2016 en Normandie, et déjà cinq ont été recensés depuis le début de l’année 2017. Soit, comme à l’échelle nationale, « une augmentation d’à peu près 20 % ».
Qui sont les victimes de ces actes ?
Les victimes de ces infractions sont jeunes : plus de la moitié ont moins de 35 ans, et 30 % entre 15 et 24 ans, alors que cette classe d’âge ne représente que 12 % de la population.
À noter que plus de la moitié des infractions anti-LGBT ont lieu dans les très grandes agglomérations, qui abritent 40% de la population.
L’association historique LGBT de Caen (Calvados), Les Enfants Terribles, précise que si les chiffres sont en hausse, « c’est aussi parce que les langues se délient enfin et que les victimes arrivent à parler, ce qui n’était pas le cas avant ».
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Pour expliquer les chiffres du Calvados, Philippe Mary, le vice-président de l’association avance plusieurs arguments. « À Caen, une victime aura moins de mal à aller porter plainte que dans une ville comme Flers par exemple. » Et la présence de nombreuses associations LGBT sur le secteur caennais peut aussi expliquer le nombre de crimes et de délits recensés par les forces de l’ordre dans le Calvados.
Mais le militant des Enfants Terribles ne minimise pas la réalité des agressions et des insultes vécues au quotidien. « Nous faisons partie du Réseau d’aide aux victimes d’agression et de discrimination et nous avons régulièrement des victimes au téléphone. » Il rappelle que « rien n’est gagné » :
Si nous avons gagné le mariage gay et une reconnaissance des actes homophobes, ces chiffres montrent que rien n’est gagné et que tout est encore fragile. Nous ne sommes pas l’abri qu’un gouvernement reviennent sur ces lois. Et il y a encore un gros travail à faire auprès de la population pour faire accepter les différences. C’est une lutte quotidienne. Il y a encore trop de paroles et d’attitudes ambiguës vis-à-vis des LGBT.
Philippe Mary alerte également sur les insultes et les propos homophobes tenus sur les réseaux sociaux envers les LGBT. « Derrière leurs écrans, les gens se lâchent. » La proportion des actes « LGBTphobes » de la part d’internautes est passée de 20 à 22 % à l’échelle nationale, selon SOS-Homophobie.

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